Le Changement

Le Changement

# Posté le jeudi 21 mai 2009 05:33

Modifié le jeudi 27 août 2009 15:14

Les Années Connes

Les Années Connes
Jeunesse: Partie de la vie comprise entre l'enfance et l'âge adulte.

On a tous eu dix-sept ans. Chacun à sa manière, chacun sur une durée de vie plus ou moins longue, selon le nombre de soirées et de problèmes écumés. Mais un jour ou l'autre, on a tous eu dix-sept ans. Que ce soit en glandant devant l'entrée d'un lycée à vingt-mille les trois trimestres, un Burberry sur le dos, un Longchamp entre deux escarpins Chanel et une clope au bec, sur laquelle on tire avec élégance. Une bouteille de vodka à moitié vide dans une main, la boule de shit dans l'autre, à regarder notre petit copain qui finira par nous dépuceler en bas de la cité HLM, en train de vandaliser l'arrêt de bus. En crachant à la gueule d'un prof, en couchant avec un autre. En se rapprochant de ses parents ou en claquant la porte de sa chambre avant de faire le mur. Paraît-il que c'est l'époque où tout se joue: on est aimées ou détestées, acceptées ou marginalisées. On acquiert de force ou de gré une réputation de salope, d'intello, de pleine aux as. On est belles, nouvelles anorexiques ou plantureuses. Jamais contentes, mais toujours explosées. Sur les marches du bahut, tellement défoncées qu'on lâche vite l'affaire devant ce monstre de pierre impossible à gravir. La surveillante passe, nous réprimande, sans même remarquer nos petits yeux injectés. La prof pétrie de bonne volonté mal placée, qu'on n'hésite pas à rembarrer parce que pour nous, la parole, c'est des conneries. Les orientations qu'on est censées choisir, mais au final, on prend ce qu'on nous donne. Parce qu'on est trop abruties, pas assez mâtures pour parvenir à se démerder toutes seules.

MSN, le portable, le I-Pod, internet, les vidéos pornos envoyées par Bluetooth du portable d'un pote en cours de maths. Elles finiront entre les premiers pas du bébé spécial quarantaine-mal-vécue de maman et l'intégralité de la leçon d'histoire, avec effets sonores aux moments où l'enseignante se baisse pour ramasser son bout de craie. On s'est cassé le cul à faire le tour de l'administration pour l'avoir. Elle en perd la moitié rien qu'en loupant le rebord du tableau seize fois dans l'heure.

On rentre chez soi, on ne dit bonsoir à personne, pour la bonne et simple raison qu'on ne supporte plus personne. On claque l'argent de poche gracieusement offert par mamie dans la nouvelle collection des Galeries ou dans l'herbe que fait pousser notre voisin. On écoute Chet Baker, ABBA, Manson, Allen, Perry, Superbus, Jagger, Paradis pour ne citer que les plus commerciaux.

On brûle la vie par les deux bouts, lorsqu'on a dix-sept ans. Les fou-rires idiots quand l'une d'entre nous dit "Bob" alors que la situation n'y prêtait pas une seconde. Les bancs cassés sous l'escalier, qu'on aime parce qu'ils sont cassés. Les discussions philosophiques sur la vie des clémentines trop mûres. Les accès interdits qui nous révolte. Les batailles d'eau en pleine hiver, et toutes ces choses qui nous font pleurer.

Un jour arrive où on à tous dix-sept ans. L'essentiel reste de franchir le maximum d'interdits tant qu'il est encore temps. Sinon, le jour suivant, c'est sûr, on s'en mordra les doigts.


Elle avait de l'amour. Pauvre Melody Nelson. Ouais, elle en avait des tonnes. Mais ses jours étaient comptés. Quatorze automnes. Et quinze étés.
Serge Gainsbourg-Ballade de Melody Nelson-

Sasha Carcassonne

# Posté le jeudi 21 mai 2009 05:37

Modifié le jeudi 27 août 2009 16:44

Politiquement (In)correct

Politiquement (In)correct
Mode: Manière de s'habiller en usage à un moment, dans un pays, un milieu.
Manière changeante selon l'époque ou le lieu d'agir, de penser.

Il est certaines mauvaises langues corroborant le cliché qui accuse la mode d'être mère de toutes les dérives, de tous les problèmes de la société dans laquelle nous évoluons aujourd'hui, en particulier en notre statut d'adolescents et jeunes adultes. Ainsi et d'avis général, l'univers des bobo-chics se limitent aux déboires criminels de la pro-anorexie, de l'alcool en abondance à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit et bien entendu, de la consommation abusive de toute sorte de drogue, uniquement dans les milieux aisés. Les gothiques sont embrigadés de force dans l'aspect satanique que prennent un malin plaisir à leur infliger les médias, et les pin-up modernes ne sont bonnes qu'à faire le tapin.

Les têtes pensantes qui nous entourent font croire à qui voudra bien les écouter que la mode n'est rien d'autre qu'un moyen de plus d'étiqueter les individus selon des critères superficiels et puérils. Les mannequins sont pointés du doigt avec comme chef d'inculpation principal leur maigreur extrême, et les dictats "imposés" par ce nouveau tournant dans les tendances vestimentaires sont sans cesse dénigrés. Arrêtons de se voiler la face quant aux bonnes intentions revendiquées par certains de nos aînés. Il est grand temps de se poser la question du qui manipule quoi.

En premier lieu, il n'existe pas Une mode, mais Des tendances. Des millions de genres différents, développer et revisiter inlassablement par des millions de personnes assez censées pour ne plus se laisser avoir par ces préjugés juste bon à nous cantonner une nouvelle fois à la volonté de communautés de masse que tentent de nous imposer ceux qui dirigent. Car qui dit sens de la mode, dit sens du jugement, et force de caractère. Qui ne voit en Karl Lagerfeld rien de plus qu'un vieil excentrique aux lunettes noires ne saura faire preuve d'opinion personnelle. La mode est un art de vivre, un art de penser, de s'exprimer. Elle est une vision du monde, différente pour chacun. Elle se décline à l'infini. Mais la Mode avec un grand M regroupe sous sa coupe une seule et unique catégorie de personnes: celle des désabusés.

Certains font d'elle un essentiel, d'autres ont tout simplement plaisir à la voir, la suivre ou la porter. C'est un mouvement à part entière, une institution. Qu'aurait été Audrey Hepburn sans sa robe longue dans la scène d'ouverture de l'anthologique "Breakfast at Tiffany's" ? Marylin Monroe sans son jupon plissé dans "7 ans de réflexion" ? Rendons nous à l'évidence: que cela plaise ou non aux sceptiques qui secouent dubitativement la tête lorsque l'on mentionne Kate Moss, la mode a jalonné l'histoire depuis que l'Homme et Homme, et continue de marquer les époques. Des Andrews Sisters à Christina Aguilera. De Brigitte Bardot à Taylor Momsen. C'est une histoire sans fin. Une histoire d'élégance et de passion.
Les années passent. Les icônes restent.


Je suis un homme de Cro-Magnon, je suis un singe ou un poisson. Pur produit de consommation. Oui mon compte est bon, mon compte est bon.
Zazie-Je suis un Homme-

Sasha Carcassonne

# Posté le jeudi 21 mai 2009 05:40

Modifié le jeudi 27 août 2009 16:39

L'Art de se laisser Berner

L'Art de se laisser Berner
Art: Activité aboutissant à la création d'œuvres de caractère esthétique (musique, peinture, sculpture, architecture etc.)

Beaucoup de gens prétendent que "l'art a de nombreuses facettes". Bien souvent, cette expression ressort dans le simple but pour le critique de feinter, face à une création se voulant à caractère artistique, mais sur laquelle l'auteur aurait malencontreusement manqué son coup. Croyez-le ou non, de ce simple et pieux mensonge ont germés quantité de peintres, hommes de lettres ou musiciens, dépourvus de talents, mais cependant idolâtrés par toute une génération. Certains arrivant même à traverser les siècles, grâce à un monceau de parfaites impostures. Simplement parcequ'aucun de leurs congénères ne se serait aventuré à les pointer du doigt.

A là question récurrente du "pourquoi ?", la réponse reste invariablement inchangée, qu'il s'agisse de l'écrivain du XIXème comme de la personne reconnue comme la plus influente d'Hollywood (car on ne peut nier que l'art le plus étouffé par ces pratiques peu orthodoxes n'est autre que le septième): L'argent et les bonnes connexions. Le plus souvent, pour ne pas tomber dans le cliché en avançant qu'il est ici sujet d'une permanence, c'est ainsi qu'une imposture transforme son essai, à la vitesse de la lumière. La capacité d'user d'artifices qui plaisent, d'un registre recherché par le grand public ou d'une reprise bien tournée.

Voilà comment s'en tire, avec les honneurs, s'il vous plaît, une certaine catégorie de personnes, adulée par une autre. Si je ne m'abuse, on appelle ceci de la poudre aux yeux. Cependant, si vous vous risquez à gratter un tant soit peu la couche superficielle de la reconnaissance ou du papier glacé, vous vous apercevrez comme moi que Maupassant n'était pas plus qu'un fou furieux avide de sang et de pouvoir, au titre similaire qu'Angelina Jolie ne peut se permettre de prétendre à autre chose qu'au statut de fille de John Voight, pimentée d'une personnalité aussi hypocrite que malsaine.

Néanmoins, si mon avis dérange (et j'ose espérer qu'il dérangera), qui vous empêche de relire une énième fois Boule de Suif tout en revisionnant le grandement non-récompensé The Changeling ? Certainement pas moi.

En amoureuse de l'art, sous toutes ses formes véridiques et brutes, je vous propose d'en débattre de nouveau une fois ceci fait.


I am miss American Dream since I was seventeen. You want a piece of me ?
Britney Spears-Piece of me-

Sasha Carcassonne

# Posté le jeudi 21 mai 2009 05:44

Modifié le jeudi 27 août 2009 16:36

La Fillette qui valait Trois Millions

La Fillette qui valait Trois Millions
Précoce: Qui se développe avant le temps habituel. Prématuré.

Elles nous font enrager. Elles, car malgré la jolie lubie que se trouve être la parité, nous ne pouvons passer outre le fait que le sexe dit "fort" ne peut que s'incliner devant le développement en puissance de ses acolytes féminines. Ces petites filles qui derrière leurs airs purs et enfantins, commencent d'abord par finir un puzzle plus vite que le grand frère, pour ensuite le coiffer au poteau à l'entrée en fac. Oui, il est indéniable que la plupart des fillettes montrent une facilité supérieure et générale devant les garçonnets de la classe. C'est ainsi, et finalement assez logique. Mais parfois, ces facultés ont la mauvaise idée d'aller trop loin. Du fait, de se trouver pousser à bout. Dès le plus jeune âge.

Shirley Temple débuta sa carrière à l'âge de trois ans, en 1931 pour remporter son premier oscar à six. Durant ses toutes jeunes années, elle fut l'effigie proprette et candide d'une Amérique qui n'hésita pas à faire du concept de "baby star" sa marque de fabrique. La preuve en est, que l'histoire de Shirley a depuis fait de nombre d'envieuses: Abigail Breslin, treize ans aujourd'hui, plus d'une dizaine de films au compteur, alimenté de rôles guest dans plusieurs séries à succès. Jodie Foster, la petite Nell de Taxi Driver, dont elle obtint le rôle titre aux alentours du même âge, eut l'occasion de lui donner la réplique en 2008, dans le conte aux allures de Robinson Crusoé moderne: The Nim's Island. Drew Barrymore, exemple même de l'enfance dorée du cinéma. De la petite fille à la voix stridente et aux joues roses dans l'anthologique, E.T, la jeune fille passa à douze ans, par la case cure de désintox, avant de parvenir à remonter douloureusement la pente. A présent, la charmante Dakota Fanning, quatorze ans, ne se fait pas prier pour reprendre le flambeau. Elle n'est pas encore au lycée, et à déjà côtoyer tour à tour Sean Penn et Michelle Pfieffer, Tanrantino, Tom Cruise, pour ne citer que les plus prestigieux. En bref, on peut ainsi constater que les bébés américains grandissent vite. Gracieusement poussés par des parents, qui n'hésitent pas à projeter sur le petit bijou de la famille, tous ces rêves de gloire, qu'ils n'ont jamais eu l'opportunité d'assouvir.

Soyons lucides: les enfants acteurs ne sont certainement pas les plus heureux du monde. Cependant, il ne faut pas non plus cracher sur les avantages d'une vie sous le soleil Californien, entre le plateau du dernier Spielberg et celui de Vogue US. Ne nions pas, toutes autant que nous sommes, que nous ne les avons maintes fois jalousées. Sérieusement, ce serait se foutre de la gueule du monde, et surtout de la mienne, non ?

Non. Les seuls minos étant réellement à plaindre, dans ce tumulte tapageur sans fin que l'on appelle le show-business, sont ceux qui naissent avec la palme du meilleur acteur de papa dans le berceau. Est-il utile de les citer ? Elles ne sont pas isolés, ces petites têtes blondes, dont mêmes les anniversaires les plus intimes sont traqués par les photographes: Suri Cruise, trois ans, enfant la plus médiatisée du monde, selon les scrupuleux tabloïds, Shiloh Nouvel, dont les parents arrivent simultanément, à se séparer, se marier, et lui offrir un ô combien attendu septième petit frère. Leni Klum, qui lira plus tard dans les magasines, que celui qu'elle considère comme son père se fait damer le pion au profit d'un homme qui ne l'a jamais reconnue. Sean Preston et Jayden James Federline devront quant à eux supporter les atrocités circulant sur maman. Ils sont mignons, les petits "mini-me" de nos célébrité préférés, n'est-ce pas ? Pourtant, beaucoup semblent oublier un détail inévitable, et non négligeable. Un jour prochain, qu'on le veuille ou non, ces chères têtes blondes auront dix-sept ans.

Ennemis dealeurs de Sunset Blvd, préparez les doses de coke ! Quelque chose me dit que vous ne connaîtrez plus aucune crise financière, d'ici une dizaine d'années...
.

Sans défense, devant la fin de mon enfance. A livre ouvert sur l'univers, j'ai peur je perds tous mes repères. Mais sans défense.
Clémence-Sans défense-

Sasha Carcassonne

# Posté le jeudi 21 mai 2009 05:48

Modifié le jeudi 27 août 2009 16:29